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L’eau et l’agriculture à l’heure du changement climatique

Le 11 avril dernier se tenait le premier atelier organisé dans le cadre du dialogue citoyen sur le projet Garonne Amont. 2h30 d’échanges très fructueux autour du thème de l’eau et de l’agriculture, et des changements de pratique à sans doute adopter à l’heure du changement climatique.

Des exercices d’intelligence collective pour répondre ensemble au défi de la gestion de l’eau, tel est l’esprit des quatre ateliers thématiques organisés tout au long du dialogue citoyen. Ce temps pour s’informer, réfléchir et débattre était organisé à Montesquieu-Volvestre sur le thème de l’eau et de l’agriculture. Un thème crucial, alors que la situation hydrologique dans le bassin Garonne Amont est déjà déficitaire, et ne pourra que s’aggraver avec le changement climatique.

Précédé d’une audition de la chambre d’agriculture de la Haute-Garonne par le panel citoyen , cet atelier a permis d’échanger autour de trois questions-clés :
Évolution des pratiques agricoles face aux changements climatiques : quelles pistes pour la pérennité des activités agricoles et la préservation des milieux aquatiques ?
Quelles solutions mettre en œuvre pour répondre à la fois aux besoins d’irrigation et aux contraintes liées aux changements climatiques ?
Quelle gouvernance pour définir un partage de l’eau équitable et durable au regard des enjeux ? Quelles sont les conditions de dialogue et de coopération à réunir, y compris en situation de crise ?

Les participants ont rappelé que l’irrigation représente un intérêt majeur pour l’agriculture. Elle permet en effet la diversification des cultures, la sécurisation des productions et l’augmentation des rendements et donc, in fine, la création de valeur nécessaire au maintien des emplois. Les contraintes pesant sur la ressource n’en incitent pas moins à la réduction des volumes prélevés, une démarche d’ailleurs déjà entamée par le monde agricole. Un éventail de mesures très diverses a ainsi été proposé. Sans citer l’ensemble de ces mesures, en matière d’agronomie, l’adaptation des pratiques, les techniques favorisant la rétention d’eau dans les sols (haies, couverture des sols…), le choix de cultures moins exigeantes en eau voire tolérantes au stress hydrique ont notamment été évoquées. Sur le plan technologique, les participants ont suggéré l’emploi de techniques d’irrigation plus efficaces (brumisation, goutte-à-goutte).

Réduire les volumes prélevés, sécuriser la ressource

Économiser l’eau est essentiel mais ne suffira sans doute pas pour assurer les besoins du monde agricole. Aussi paraît-il important, dans le même temps, de sécuriser la ressource en eau, de la garantir voire de la stocker. L’existant (retenues et canaux) peut d’ores et déjà, toujours selon les participants à l’atelier, être optimisé. .Par ailleurs, la création de nouvelles retenues est envisagée par les participants : micro-retenues, retenues à la source, retenues en dérivation plutôt qu’en barrage des cours d’eau, démantèlement des ouvrages obsolètes en contrepartie de nouveaux ouvrages…. Quoi qu’il en soit, cette réflexion a montré l’interaction entre les différents usages de l’eau : entamer la réfection des canaux n’aura-t-il pas un impact sur la biodiversité (alimentation de zones humides) ? Un nouveau compromis avec les retenues hydroélectriques peut-il être trouvé ? Faut-il cesser l’exploitation des gravières en lit majeur ? Autant de questions posées par les participants, qui renvoient à ce dialogue citoyen plus large sur les multiples usages de l’eau en Garonne Amont.

L’exigence de concertation

Ce besoin de dialogue et de concertation a d’ailleurs été mis en avant par les participants, le format de la rencontre le permettait . Le comité de l’eau à la préfecture de la Haute-Garonne est considéré comme un « bon début », et les acteurs insistent sur la nécessité que cette instance permette un réel dialogue en amont des décisions, davantage qu’une simple information. D’autres moyens d’association des parties prenantes ont été cités en exemple, tels que la commission Neste ou l’instance de concertation d’Epidor, dans le bassin de la Dordogne.

Bref, une réunion fructueuse et riche en propositions argumentées qui, de même que les avis recueillis dans les autres ateliers, au sein du panel citoyen, dans les rencontres avec les habitants ou encore dans les espaces de discussions en ligne, nourriront le projet de territoire Garonne Amont.

Voici le compte rendu détaillé de l’atelier.

Compte rendu de l’atelier « Eau et Agriculture »

N’hésitez pas à donner votre avis et débattre en ligne sur ce thème, comme sur les autres soumis au dialogue citoyen.