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Soyons courageux et visionnaires

Marie Thérèse Lacourt (azas) | 21/06/2019
N°16 | Eau & agriculture

EAU ET RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE
Soyons courageux et visionnaires

Nous avons la chance de vivre sur un territoire largement arrosé par le ciel ; de 700 à 1200 mm par an soit à l’échelle du Bassin Adour Garonne, « 90 milliards de m3 de pluie dont 35 milliards qualifiés de pluie utile » extrait de changements climatiques en Adour Garonne livret comité de bassin).
Le changement climatique fera légèrement diminuer ce chiffre mais surtout modifiera la répartition sur l’année avec des périodes de sécheresse plus marquées ; plus longues et donc plus sévères, avec en corollaire une augmentation de la Température de l’air et de l’eau de nos rivières qui altèrera leur qualité.
Les prélèvements tout confondus varient de 2 à 2,4 milliards de m3 en années très sèche, soit 2% de ce qui tombe sur le sol du Bassin.
Nous devrons trouver les moyens de baisser la température en ville, ilots de verdure…, et à la campagne ; maintenir des cultures d’été qui seront de véritables poumons verts des villes : stockage de carbone dans les sols et relargage d’ Oxygène dans l’air grâce à la photosynthèse.
Mais pour cela il faudra irriguer les cultures qui seront présentes, car l’évapotranspiration sera amplifiée. Plus la culture sera développée mieux elle remplira sa fonction écologique tout en produisant du grain.
D’ores et déjà il faut se donner les moyens d’améliorer la qualité des sols en augmentant le taux de matière organique et ainsi leur réserve utile, mais l’irrigation restera une nécessité pour conserver des cultures d’été.
Les sécheresses plus précoces obligeront à compenser déjà pour les céréales d’hiver ou la pousse de l’herbe et également en fin d’été pour les semis de colza par exemple ou implantation de prairies.
L’implantation de couverts végétaux dignes de ce nom va être de plus en plus aléatoire et demander un travail de sélection conséquent, il faudra correctement évaluer leur impact et leur bénéfice comparé à une culture d’été.
Supprimer les cultures d’été pour économiser l’eau est certainement une fausse bonne idée, diminution des rotations, problèmes de salissement, sol nu qui augmentera la température du sol et de l’air.
La génétique peut continuer d’apporter des solutions avec du matériel plus tolérant, plus résistant, mais les délais sont longs,
La recherche et l’innovation peuvent également nous apporter des matériels plus économes, mais encore faut il un prix attractif, compatible avec les revenus agricoles.
Les citoyens dans leur ensemble font la promotion du stockage de l’eau de pluie pour les habitations, l’agriculture fait de même quand elle demande la création de réserves ou retenues collinaires, ce n’est rien d’autre que stocker une infime partie de l’eau qui tombe en hiver, pour rappel notre bassin reçoit 90 milliards de m3,nous en utilisons entre 2 et 2,5% selon les années ! Une petite partie stockée pourrait solutionner bien des difficultés à venir.
Ayons le courage de sortir de notre nombrilisme et de notre égoïsme déplacé et regardons sérieusement à l’échelle mondiale les populations qui vont réellement manquer d’eau et par là même de nourriture. Il faudra bien sur les accompagner pour que leur territoire reste le plus productif possible mais il faudra aussi produire pour eux.
J’ai été marquée enfant par les images d’enfants dans une partie du Monde qui mourraient de faim, je refuse que mes enfants et petits enfants revoient un jour ces images d’autres populations en grandes difficultés climatiques , parce que NOUS adultes responsables, vivants dans un pays nanti, n’auront pas fait ce qui était de notre devoir de solidarité.

Les commentaires

Bravo pour le bon sens

Christel CARPENTIER | 21/06/2019

Juste un mot bravo pour cette remise à niveau. Il faudrait que le grand public prenne rapidement conscience de vos dires. Stop aux associations environnementales qui sont pour l’appauvrissement de l’agriculture française et la destructions des êtres en tolérant que des inondations dévastatrices puissent prendre des vies humaines, animales et microbiennes.

Clair comme de l’eau de roche

philippe gorsse | 22/06/2019

Complétement en accord, pourquoi ces propos que nous tenons souvent dans le milieu de la profession agricole et qui sont d’une évidence criante ( à mon sens) ne dépassent pas les limites des instances qui décident la politique de gestion de l’eau ? L’eau c’est la vie et aucune civilisation prospère ne s’est développée sans celle-ci et une vrai maitrise hydraulique . Continuons à regarder l’eau nous passer sous le nez tout l’hiver et le printemps alors qu’avec bon sens et une vraie volonté de gestion de l’eau nous pourrions sécuriser des professionnels , du tourisme , du loisir … une synergie de territoire peut être ? Ah non pardon, un arrêté de restriction est moins onéreux !

La discussion en ligne est clôturée depuis le 12 septembre 2019.

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