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Le programme Agr’eau en bref : l’agriculture qui préserve la ressource en eau sur les territoires

Association Française d’Agroforesterie (Auch) | 12/09/2019
N°50 | Eau & agriculture, Eau & biodiversité

Le réseau Agr’eau réunit agriculteurs, structures techniques, collectivités etc. pour mettre en oeuvre l’agro-écologie en protégeant la ressource en eau, avec notamment comme région pilote historique le quart Sud-Ouest de la France. Basé sur l’échange et s’appuyant sur les multiples expériences menées par les agriculteurs, Agr’eau permet la création en continu de références techniques et économiques, la valorisation, la diffusion et le transfert de connaissances. Développer l’agro-écologie au coeur des territoires, c’est faire monter en compétences les acteurs du monde agricole en partageant le constat que “Les premiers experts sont les viticulteurs”. Pour cela, l’Association Française d’Agroforesterie (AFAF), via le programme Agr’eau, crée des espaces d’échanges conviviaux et inclusifs autour de problématiques techniques, que l’on cherche à résoudre en expérimentant collectivement. Agr’eau c’est aussi porter sous une même bannière un message de sensibilisation citoyenne et des propositions construites auprès des décideurs. Le programme Agr’eau est soutenu notamment par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, et coordonné par l’Association Française d’Agroforesterie.

Plus d’informations : http://www.agroforesterie.fr/agreau.php

Le rôle du végétal dans la protection de la ressource en eau

Le peuplement végétal influence les flux d’eau d’un territoire. Qualité, quantité, disponibilité sont indissociables car un sol, bien occupé en surface (mais aussi en profondeur, par un dense tissu racinaire et mycorhizien), jouera son triple rôle d’épurateur de l’eau, réservoir et tampon.

Quantité et disponibilité :
La présence de végétation accroît l’ activité biologique et la biodiversité dans le sol, ce qui favorise les symbioses racinaires et permet aux plantes de mobiliser et de prélever dans le stock d’eau disponible dans le sol, telle une éponge.
Le drainage naturel permis par les racines, favorise l’infiltration de l’eau dans le sol.

Qualité :

Les plantes captent les nutriments (nitrates par exemple) et  tamponneront les excès d’eau.
Dès lors, la quantité d’éléments solubles dans l’eau tend à diminuer, sa qualité augmente et les coûts liés à son traitement diminuent

La gestion de l’eau dans les systèmes agricoles

L’agriculture de régénération des sols (suppression du travail du sol, mise en place de couverts végétaux et diversification des cultures) peut contribuer massivement à stocker et filtrer l’eau, mais aussi à réduire l’érosion :

  • Les cultures intermédiaires, mais plus largement la couverture végétale des sols permanente, permet la réduction des phénomènes de lixiviation. Cette réduction varie en fonction de la culture principale et des espèces présentes dans le couvert étudié. Par exemple, en contexte semi-continental, dans un système betterave/blé, on constate 55% de réduction de l’azote potentiellement lixiviable sur un sol couvert par rapport à un sol nu. Dans un contexte océanique, en monoculture de maïs, une réduction de plus de 72% est observée (Justes et al., 2012).
  • Des sols vivants et fertiles disposent d’une importante réserve utile en eau, permettant de diminuer les quantités d’eau d’irrigation, sans perte de rendement. Nous avons constaté une diminution du besoin d’irrigation de 10% environ sur les fermes.
  • Les couverts végétaux interceptent les gouttes d’eau arrivant sur le sol, limitant ainsi l’imperméabilisation du sol et l’érosion.
  • Les haies et bandes arborées freinent les écoulements d’eau et permettent aux particules en suspension de sédimenter.
  • Les couverts végétaux augmentent le nombre de macropores du sol (+ 24 % par rapport à un sol nu) et par conséquent augmentent l’infiltration et la rétention en eau (Haruna et al., 2017).


Idée reçue

La diminution du travail du sol consomme des phytos

Le réseau Agr’eau a permis l’acquisition de références sur 103 fermes* (éleveurs et céréaliers) ayant une couverture végétale plus de 92% du temps et perturbant peu le sol (indice à 0,3/2). Sur les 103 fermes étudiées, l’IFT moyen annuel est de 1,2 contre 2,18 pour une ferme moyenne Midi-Pyrénées (données Agreste 2014). Les 20 fermes qui perturbent le moins le sol ont un IFT légèrement supérieur : 1,52. Cela reste inférieur à l’IFT moyen sur la région, mais souligne le besoin d’accompagnement technique pour aider les agriculteurs à concilier agriculture biologique et agriculture de conservation. Dans les Landes, un agriculteur a changé de pratiques (passage du TCS au SCV) tout en suivant une formation en parallèle sur la réduction des doses de produits phytosanitaires. Il a réduit son IFT (herbicides) de 1,44 à 0,9 en 3 ans. Réduire le travail du sol ne veut donc pas dire consommer plus d’herbicides.
*Études réalisées en 2018 sur 5 années d’acquisition de références.

La proposition du réseau Agr’eau
Nous souhaitons accompagner votre territoire, en lien avec la chambre d’agriculture et avec les conseillers techniques du département pour :

  • Co-organiser 50 animations sur 5 ans (soit 10 animations par an) pour sensibiliser 1000 agriculteurs (20 agriculteurs par animation).
  • Proposer une boîte à outils territoire
    • Fiches et outils à destination des techniciens (syndicat de rivière, chambre d’agriculture, département)
    • Amélioration de la fiche technique RTE et ENEDIS avec les services du département
    • Mise en place d’une parcelle vitrine sur le département
    • Proposition de panneaux de route “Attention sols vivants” à placer sur les fermes
    • Réalisation d’un reccueil “d’expériences inspirantes” pour les collectivités
  • Mise en place d’essais sur une ferme expérimentale au sein du département pour lever les freins techniques (en lien avec les acteurs de la recherche, les partenaires et les collectivités)

La discussion en ligne est clôturée depuis le 12 septembre 2019.

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