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Etat des lieux des enjeux liés à l’eau de l’agriculture haut-garonnaise

Chambre d’agriculture de Haute-Garonne (Toulouse) | 21/06/2019
N°19 | Eau & agriculture

La gestion quantitative de l’Eau est une priorité pour le monde agricole dans le Sud-Ouest en général et en Haute-Garonne en particulier.

Un accès garanti à de l’eau d’irrigation de qualité permet de sécuriser les rendements de la majorité des cultures, la mise en place de cultures spéciales impossible sans eau (arboriculture, cultures de semences, maraichage, …), assure un fonctionnement rentable de nos exploitations sur de plus petites surfaces …

État des cultures irriguées du département

Le département de Haute-Garonne possède une importante diversité de cultures nécessitant un apport d’eau via l’irrigation pour garantir la production. Nous pouvons notamment citer les cultures suivantes :

Maïs :

Surface irriguée de 20 000 ha sur 55 000 ha équipés historiquement.
Prélèvement moyen : 2500 m3/ha

La tendance est à la baisse à cause des contraintes techniques de l’irrigation, de l’âge des exploitants et du prix de revient de la culture.

Il existe actuellement une volonté de transfert de l’irrigation du maïs vers des céréales d’hiver et du colza pour garantir la production de ces cultures, les prélèvements passent de 600 à 800 m3/ha/an pour l’instant et augmenteront avec le réchauffement climatique.
Les cultures de semences ne sont pas touchées :

Évolution des surfaces maïs grain en France 2000-2015 (source Agreste)

Une évolution des cours mondiaux à la hausse pourrait enclencher une reconquête des surfaces déjà équipées malgré plusieurs années de baisse consécutives. Le constat est le même pour le soja, tournesol et sorgho irrigué.

Maraichage :

Surface irriguée de 800 ha
Prélèvement moyen : 4000 m3/ha pour toute l’année, dont 2500 m3/ha concentrés sur la période d’étiage.

Le développement de l’agglomération toulousaine engendre une concurrence forte pour les terres de la ceinture maraichère toulousaine mais accroit également la demande. Il est prévu que l’attractivité du Sud-Ouest et la demande en produit locaux engendre un développement du maraichage dans le futur sur le département.

Viticulture :

Surface irriguée de 150 ha (sur une surface totale de 2000 ha, dont 1000 en AOP)
Prélèvement moyen : 400 m3/an

Les surfaces en AOP nécessitent une dérogation pour pouvoir pratiquer l’irrigation. On peut estimer un passage en irrigation pour 50% des surfaces viticoles dans un futur proche, la tendance est donc à la hausse.

Arboriculture :

Surface irriguée de 80 ha
Prélèvement moyen de 4000 m3/ha, dont 3000 m3/ha sur la période étiage.

Le département est principalement concerné par la culture du kiwi. Le développement de la filière en plein essor de la noisette demande de garantir l’irrigation pour répondre qualitativement aux marchés, et le département est concerné.

Bilan des cultures présentes :

Cultures traditionnelles, mais aussi recherche de cultures à forte valeur ajoutée valorisant au mieux l’irrigation est une constante, c’est pourquoi les surfaces irriguées de ces cultures sont stables ou à la hausse. Cela concerne le maraichage, l’arboriculture, les contrats de semences, … et même aujourd’hui la viticulture.
Les besoins pour ces cultures préservant l’emploi et répondant à une demande sociétale de produit locaux ne pourra qu’engendrer une hausse des besoins en eau sur le territoire haut-garonnais.

Une gestion de l’eau encadrée

L’obtention d’une autorisation de prélèvement d’eau pour l’irrigation nécessite de passer par un Organisme Unique de Gestion Collective des eaux (OUGC). Ce type de structure, désignée par l’Etat sur un bassin versant donné, est le seul interlocuteur des irrigants pour l’obtention d’une autorisation de prélèvement.

L’OUGC compare l’ensemble des demandes par bassin à des volumes maximums prélevables validés par un arrêté préfectoral. Ce volume a été défini par des études environnementales afin d’obtenir un compromis entre les usages et les besoins du milieu.

Chaque autorisation de prélèvement est donc encadrée, et chaque irrigant paye de nombreuses redevances pour cette pratique.

Nous pouvons notamment citer :

– L’Agence de l’Eau Adour-Garonne
– L’OUGC désigné sur le territoire de l’irrigant
– Le SMEAG pour le soutien d’étiage de la Garonne (si prélèvement sur Garonne)
– L’Etat via le domaine public fluvial (si prélèvement sur Garonne)
– Le fournisseur d’eau (si sur un secteur réalimenté)

Les actions de la Chambre d’agriculture

L’accès à l’eau est donc un élément essentiel dans la conduite de nombreuses exploitations agricoles du département.

Mais le manque d’eau structurel dans notre bassin ainsi que la réduction des charges d’exploitations amènent depuis plusieurs années la profession agricole à soutenir des pratiques optimisant au mieux la gestion de l’eau.

Cela passe par trois types d’actions :

– conseil individuel : 14 conseillers de proximité recouvrent l’ensemble du département de Haute-Garonne ainsi qu’un conseiller spécialisé dans la gestion de l’irrigation pour des actions de conseils direct aux exploitants sur l’itinéraire technique, les choix variétaux, les périodes de semis, l’utilisation du matériel d’irrigation, les aides disponibles, la promotion de matériel hydro-économe, la réalisation de diagnostic des matériels d’irrigation …

– conseil collectif : Cela passe par la parution d’articles dans la presse agricole locale, l’utilisation de notre site Internet, la réalisation de réunion type « bout de champs », notre présence à des salons comme Innov’agri, et la réalisation du bulletin d’irrigation.

La réalisation de ce bulletin hebdomadaire en période d’irrigation donne des informations sur l’état hydrologique, les données météorologiques, l’état des restrictions,… et fournissant un conseil sur la bonne quantité d’eau à apporter en fonction des cultures grâce à l’appui de notre réseau de parcelles de référence.

– Des études et expérimentations : Le but étant de proposer des travaux innovants permettant d’améliorer notre connaissance sur notre territoire et les besoins en eaux pour une gestion la plus fine possible.

Nous pouvons notamment citer une étude sur les économies d’eau en agriculture réalisée ces dernières années ou la réalisation d’une étude d’optimisation des plans d’eau du département.

Bilan

La pratique de l’irrigation est vitale pour de nombreuses exploitations et garantie une diversité des cultures sur notre territoire. Malgré un ensemble fort d’actions pour une meilleure gestion de l’eau d’irrigation et une baisse forte des surfaces irriguées ces dernières années, les déficits sur le bassin versant de la Garonne vont s’accroitre.

Si l’optimisation des pratiques du monde agricole reste une constante, la création de nouvelles réserves sur notre territoire serait un atout pour la conservation de nos cultures et de nos agriculteurs sur le territoire haut-garonnais.

La discussion en ligne est clôturée depuis le 12 septembre 2019.

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