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Proposition d’actions

Franck Rabault (Cassagnabere) | 18/06/2019
N°11 | Eau & agriculture, Eau, tourisme & développement territorial

Le tourisme peut-il être un outil de préservation de la ressource en eau, tant qualitative que quantitative ?

Oui mais pas que, car on ne peut traiter le problème de manière isolée, l’ensemble des paramètres étant en interactions (usages domestiques, agriculture, industrie).

Rappel et contexte :

1. L’eau est un des éléments essentiels, vitaux, à toute forme de vie.
2. La qualité de l’eau est essentielle, vitale, au maintien en bonne santé de toute forme de vie
3. Le bassin versant est le réseau sanguin du territoire, qu’il faut maintenir suffisamment abondant avec une qualité maximale. Nous en sommes les gardiens de sa partie amont, les sources et les artères au plus près du cœur de la montagne.
4. De notre travail, de notre implication, de nos choix, découlent l’approvisionnement en qualité et en quantité du ¼ sud-ouest de la France jusqu’à Bordeaux
5. Travaillant depuis plus de 20 ans dans le domaine de la protection de l’environnement, avec l’eau comme sujet de prédilection, je constate ce qui a été fait en 20 ans. L’état des lieux actuel montre qu’il faut FAIRE LE DOUBLE EN 5 ANS. J’espère donc une implication de tous, chacun à son niveau avec ses propres leviers d’action, dès maintenant.

Voici ma contribution à la réflexion générale et quelques pistes d’actions.

Voici le constat qui nous est présenté :

Baisse de la ressource
Augmentation de la durée et de l’intensité des étiages
Fonte précoce
Nécessité d’alimenter Toulouse agglo et les agglos suivantes (1 million personnes à charge de la Garonne)

Face à un tel constat, il apparaît donc indispensable, vital de :

maîtriser les usages de l’eau :

Agriculture : 70% de la consommation, pollution par les intrants chimiques et antibiotiques. Nécessité d’agir sur qualitatif ET quantitatif

Industrie (7%) : agir principalement sur le niveau de qualité des rejets en milieu naturel

Usages domestiques : éduquer à de meilleurs usages de l’eau (chasse au gaspi), favoriser et soutenir la collecte et le stockage d’eau de pluie, favoriser et soutenir la mise en place de double réseaux d’eau afin de n’utiliser l’eau potable que pour les usages alimentaires et hygiéniques.

Favoriser la régulation du débit de l’eau :

Le débit de la Garonne est caractérisé par des pics de forte pluviosité avec inondation, et des périodes d’étiage et de manque. Il faut retenir l’eau lorsqu’elle est en excès pour soutenir les manques. Idée : création de retenues par dérivation pour réguler les débits (surtout pas des barrages qui perturbent l’écoulement de l’eau et les écosystèmes : envasement, modification de granulométrie nuisible aux poissons)

Faire appel à la solidarité :

Un territoire de 230 000 habitants ne peut pas assumer seul la charge de la préservation de la ressource en eau qui alimente Toulouse (globalement 1 M habitants) et les agglos suivantes.

Quelles que puissent être les idées présentées ici, elles sont bien évidemment proposé avec 1 valeur primordiale sur toutes les autres : le strict respect du milieu aquatique et des écosystèmes attenants. Bien que l’argent impulse certains choix, ceux-ci doivent absolument passer après le choix environnementaliste, sans quoi il n’est pas la peine d’envisager un avenir qualitatif à la Garonne et à son bassin versant.

Idées pour la partie agricole :
Favoriser et soutenir la collecte et le stockage de l’eau de pluie, au moins pour élevage et maraîchage.
Accompagnement d’un véritable changement des pratiques pour tendre vers une agriculture plus durable
Remplacer le maïs par d’autres cultures moins gourmandes en eau
Communes ou com com : créer des ateliers de transformation partagés. Permet une meilleure valorisation des productions (éventuellement avec une équipe de cuisiniers).
Mise en place d’un Label « Excellence Garonne » pour des productions situées sur le bassin versant, avec un cahier des charges démontrant une qualité de production sans pression excessive sur le milieu naturel aquatique. Permet une meilleure valorisation des productions et des filières d’écoulement, tout en accompagnement un changement de pratiques guidés par le cahier des charges (guider, accompagner pour « tendre vers » au lieu de sanctionner les non-respect.

Côté tourisme :

Le tourisme est sous exploité entre Toulouse et Montréjeau.

Le tourisme vert a le vent en poupe

Le Tourisme en Haute-garonne, c’est Toulouse / Luchon / St-Bertrand de Comminges. Il y a une grande zone blanche au milieu qui passe par la vallée de la Garonne.
De plus, ce territoire situé à 30/60 mn de Toulouse est un véritable terrain de jeu potentiel pour les Toulousains.

Envisager les aménagements de Garonne avec des infrastructures touristiques (bases de loisir, restauration / hébergement sur place / Accueil pédagogique) permet de ramener une manne financière extérieure nécessaire au fonctionnement des structures et permettant ainsi le maintien en bonne santé des milieux (Utiliser les fonds Européens existants dans le tourisme pour aider à la création de ces édifices, qui doivent ensuite s’autofinancer en terme de fonctionnement).

D’où l’idée de retenue par dérivation : en utilisant les zones de bords de Garonne inondables, créer des retenues d’eau par dérivation, permettant le soutien à l’étiage, et susceptibles d’être des lieux d’accueils multiples permettant une gestion durable de ces espaces.

En envisageant plusieurs retenues modestes au lieu d’une seule grande, on augmente l’efficacité du soutien.

Il existe déjà des réserves / barrages : Carbonne, Cazères, St-Martory, … Il y a sûrement un intérêt à d’étudier ce qui peut être fait avec l’existant.

Sur le principe, il s’agit de créer de grandes réserves naturelles dont :
L’espace aquatique + 10% des terres attenantes sont accessibles au grand public
L’espace scientifique : 20 % des terres attenantes de la réserve sont dédiées aux observations et recherches scientifiques
espace naturel protégé : 70% de l’espace réserve est laissé aux bons soins de la nature. Epuration, régénération, l’objectif est de créer une zone tampon pour soutenir la nature dans le remise en état de milieux spécifiques afin de favoriser la biodiversisté.

Sur l’espace dédié à l’accueil du public, on peut imaginer :
sports aquatiques
pêche
réseau cyclable et pédestre (location vélos électriques?). Que penseriez-vous des traverser des tourbières le long de sentiers de bambou sur pilotis pour découvrir et apprécier ces milieux particuliers, fragiles, et indispensables au nettoyage de l’eau, sans pollution et sans pression pour le milieu ?
sport aventure (accro-branche), tyrolienne par-dessus la Garonne ?
Sur place : restauration (bio, locale, de saison… Evidemment), hébergement… écologique, naturellement !
centre d’accueil pédagogique : Apprendre à observer, observer pour comprendre, comprendre pour agir… L’éducation in situ pour aider les jeunes consciences à devenir des adultes conscients et responsables.
les bâtiments sont en autonomie énergétique (mix éolien, solaire, hydro-motricité avec stockage pour autoconsommation, en revanche je n’imagine pas bien la géothermie en zone inondable), et chacun des équipement fournissant de l’énergie peut être visité pour voir en direct la production et la consommation des équipements. Soutenir la transition énergétique en favorisant la compréhension des différents systèmes de production d’énergie verte.
Accueil scientifique, conférences thématiques naturalistes et autres
Réserve naturelle reconnue (Natura 2000, ZNIEFF) : + value touristique, visibilité, attractivité
Partager ce lieu de vie avec les domaines culturels : concert, festival, land’art, expo temporelle, théâtre ou cinéma de plein air, …

Le Pass’Garona : Une idée pour recréer de la vie et de la solidarité en bord de Garonne

Tous les Haut-garonnais habitant les communes de bord de Garonne se voient offrir un pass’Garona (Pour les autres habitants, le Pass peut être acheté) : Principe d’une carte d’accès privilégié (tarif réduit) à toutes les activités touristiques, culturelles et sportives des bords de Garon’Amont .
L’objectif est de créer, en plus d’un tourisme local qui peut s’accroître avec l’amélioration de l’offre de divertissement, un tourisme de bord de fleuve, un tourisme à contre-courant, puisque c’est l’aval qui vient voir ce qui se passe en amont.
Favoriser la circulation le long du fleuve permet de sensibiliser et d’impliquer les populations avales sur les problématiques de conservation en commun de la zone amont pour le bien-être de tous les habitants du long du fleuve. Elle permet également une solidarité financière des habitants de l’aval et de tous les extérieurs au bassin versant pour aider à conserver et entretenir la bonne santé du fleuve.

Favoriser l’installation de prestataires :
gérance de nouveaux lieux pouvant appartenir aux communes
charges allégées pendant 5 ans pour l’installation de professionnels
accueillir et intégrer les nouveaux installants dans les réseaux existants

Favoriser la mise en commun du travail des différents réseaux :
Voir le PAT Comminges
Voir la réflexion Haute-Garonne demain
Mixer avec les travaux sur l’eau.

Exemple :

Réflexion d’un producteur bovin bio :Amener un veau à terme me coûte en bio 3 fois plus cher en aliment qu’un veau en traditionnel. Or cette viande de qualité supérieure ne sera pas valorisée en sortie d’abattoir car moins grasse. Ils cherchent à mieux valoriser leurs productions.
Par ailleurs, plusieurs centaines de restaurateurs, tables d’hôtes, hôtels, campings, écoles servent des repas et seraient fiers de mettre en avant une gastronomie avec des ingrédients locaux, d’autant plus que nous avons la chance d’habiter sur des territoires où l’on trouve encore des productions diversifiées et d’excellente qualité.
Créer des passerelles entre les restaurateurs (comité du tourisme) et les agriculteurs (FDAB).
Créer des laboratoires de transformation partagés (mutualisés), avec de vrais cuisiniers, pour fabriquer des conserves et transformer des produits afin qu’ils soient mieux valoriser et ainsi assurer une alternative économique viable aux agriculteurs.
En soutenant les agriculteurs pour changer les pratiques les plus gourmandes en eau. En créant un LABEL « Excellence Garonne » pour identifier et valoriser les pratiques respectueuses. En favorisant la diffusion locale de ces productions respectueuses par un rapprochement des réseaux.

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